1900 20 mai : Après les élections du 6 mai, le maire Valeix Pierre est réélu avec 11 voix sur 12 ainsi que son adjoint Robert Louis Auguste. Les autres membres du conseil sont : Virouleau Maurice, Gauthier Guillaume, Lagrange François, Pabot-Chatelard Alpinien Bertrand Juste, Mège Pierre, Desport Pierrre, Vertuaux Pierre dit Celin, Forestier Pierre dit Marquet, Arnaudet Dauphin dit Pierre, Pélissire Jean dit Jules. 24 juin : délibération à propos du clocher. M Charles qui a établi les plans et réalisé les modifications demandées n'a perçu que 100F et il demande à nouveau à être payé du complément. Or, à l'époque de la souscription (1895), M Pabot-Chatelard Alfred, entre temps décédé, avait versé 100F au curé Mounier (maintenant curé de Busserolles) et celui-ci refuse de s'en démunir si le clocher n'est pas construit. Considérant qu'il y a eu déjà un commencement d'exécution puisque des plans ont été établis et des frais engagés, le conseil demande à ce que le montant de la souscription soit versé dans la caisse communale et s'autorise à poursuivre M Mounier si celui-ci s'y oppose. Fait divers : « Dans la journée du 25 avril dernier, un fou alcoolique de passage au chef-lieu de notre commune, le sieur Puyaucale, castreur, menaçait la sécurité publique… dans la nuit du 25 au 26 avril, la gendarmerie se vit dans la nécessité de procéder à son arrestation et remit le fou au maire… » Les frais de son transport à l'hospice de Périgueux s'élevèvent à 100F et la commune en demande le remboursement à la commune de Montbron, lieu de résidence du ‘fou'. 19 août : Phénomène récent, nombre de nourrissons son placés en nourrice sur la commune. Les nourrices se plaignent du Dr Mousnier Longpré, médecin à Javerlhac chargé de l'assistance médicale et de la surveillance des nourrissons et lui préfèreraient le Dr Agard Laroche, de Varaignes. M Lagrange François, ouvrier forgeron, obtient une somme de 50F pour se rendre à l'exposition universelle de Paris, au titre de délégué ouvrier. Le conseil considère que « c'est un bon ouvrier, désireux de se perfectionner dans son art. » 11 novembre : L'état de délabrement du clocher remet à l'ordre du jour le projet d'un nouveau clocher décidé en 1895. « M le maire a exposé au conseil qu'il avait été obligé d'interdire la sonnerie de la grosse cloche de l'église de Teyjat par suite de l'état de vétusté dans lequel se trouve le clocher et qu'il était indispensable de prendre des mesures urgentes pour parer au danger que feraient courir aux habitants la chute de la cloche et de tout le clocher actuel. » Considérant que des réparations au clocher actuel coûteraient cher et ne donneraient qu'une solidité provisoire, le conseil décide de réactiver de manière urgente le projet de nouveau clocher.
1897 21 février : M Parlant André est proposé comme cantonnier. 1898 12 juin : M Charles, qui avait dressé en 1895 les plans du clocher à la demande de ‘l'ancienne municipalité' n'a toujours pas été payé. Il passe un accord avec le maire et accepte une indemnité de 300F pour solde de tout compte. Le même jour, le conseil demande une modification de l'itinéraire dans la tournée des facteurs de Javerlhac. Une lettre arrivant à la gare de Javerlhac à midi peut n'être distribuée que le lendemain soir à Teyjat. MM Delage Léonard de chez Gourjout, Guichon Jean du Forestier, Brandy Pierre de Quillac sont déclarés soutiens de famille. 1899 19 mars : M le maire présente une souscription de 180F pour faire remettre en état le chemin allant de Chauffour à la fontaine du même nom. Cette fontaine alimente le village de Chauffour mais aussi Boisbernard et Bellevue et son chemin d'accès est devenu impraticable. A son tour, l'adjoint M Robert présente une souscription pour un chemin entre Vaubrunet et le CV n°2. M Hériard, propriétaire à Vaubrunet et notaire à Cognac offrira la somme de 400F pour contribuer à la construction de ce chemin.
Le conseil en 1884
De 1881 à 1900
M Lidonne n'habite pas la commune et se fait souvent excuser. 30 mars : Le conseil émet l'avis que l'autorisation de la culture du tabac soit accordée dans l'arrondissement pour « compenser dans une certaine mesure celle de la vigne qui constituait le principal revenu dans la commune et qui est devenue presque insignifiante ». Cette remarque dénote la rapidité de la propagation du phylloxera puisque 2 ans auparavant, le conseil notait qu'il y avait encore bon nombre de vignobles en rapport. Cela permet de situer l'arrivée du phylloxera à Teyjat peut dans les années 1878-1880 puisqu'il lui faut environ 3 ans pour détruire un vignoble. 1885 8 novembre : Le conseil vote une somme de 20F pour venir en aide aux victimes de la catastrophe de Chancelade (note 15) « Mu par les sentiments de solidarité qui font un devoir strict de toutes les communes du département de venir en aide aux malheureuses victimes de l'épouvantable catastrophe de Chancelade qui a mis un grand nombre de familles d'ouvriers sans travail et sans pain ». 1886 23 mai : « sur la proposition de M Pabot du Chatelard, le conseil, plein d'admiration et de reconnaissance pour l'illustre savant M Pasteur qui par sa merveilleuse découverte du remède contre la rage et par son abnégation si favorables à l'humanité entière, a ajouté à la France une gloire nouvelle. Vote pour l'institut Pasteur projeté une somme de vingt cinq francs et exprime le regret que les ressources actuelles de la commune ne lui permettent pas de voter une somme plus élevée. » 1887 15 mai : Le mur du cimetière s'est écroulé sur une longueur de 21m. Le conseil vote un emprunt de 600F pour le reconstruire au plus vite mais la somme ne suffit pas et le 6 novembre suivant, le conseil sollicite une aide complémentaire de 200F. Le devis des réparations se montera l'année suivante à 800F. 1888 20 mai : Election du maire et de l'adjoint. M Donzeau est réélu maire à l'unanimité des 12 voix. M Chalard est réélu adjoint, à l'unanimité également.
Le facteur de Teyjat en 1899: Pierre Plazer
Le conseil en 1892
Convaincu par l'argumentaire de M le curé, mais désirant s'entourer de toutes les précautions, le conseil accepte de faire établir plans et devis par M Lagrange mais avec pléthore de conditions : « 1e Le clocher aura une hauteur de vingt sept mètres environ, flèche comprise. Il sera bâti en dehors de l'église actuelle à laquelle il sera adossé en avant et dont le sommet sera rasé ; il sera semblable au croquis présenté au conseil par M le curé. 2e La fenêtre placée actuellement au dessus de la porte d'entrée sera faite ailleurs et sera comprise pour les frais dans le devis. 3e Les réparations à faire à la charpente actuelle de l'église seront aussi portés au devis, y compris la recouverture de l'église actuelle. 4e Les plans et devis dressés précédemment par M Charles, agent voyer cantonal, sur la demande du conseil municipal de Teyjat pour réparation de l'église seront aussi payés sur la somme de six mille francs, montant maximum du futur projet de construction. 5e Toute autre réparation à faire provenant de la construction du clocher s'y trouvera elle-même inscrite. 6e Tous cas imprévus provenant soit de la construction du clocher, soit de toute autre cause visée par les paragraphes 1 à 5 inclus et devant se trouver dans les plans et devis du futur projet seront à la charge de M l'architecte (ou de M le curé). (mots barrés) 7e Les frais de l'architecte seront compris dans les six mille francs. 8e La construction à faire sera donnée à l'adjudication. » M le curé doit commencer à s'inquiéter pour ses deniers ! Pourtant ces beaux engagements resteront lettre morte. Quand le devis passera à 8000F puis à 9500F, il ne se trouvera plus que deux conseillers à s'opposer au projet. On relèvera au passage plusieurs éléments intéressants concernant l'aspect primitif de l'église : -Le sommet de l'église a été arasé, donc le clocher primitif dépassait largement du toit pour laisser la place à deux niches contenant les cloches. -Contrairement à ce qui était prévu, la fenêtre au dessus de la porte d'entrée a été conservée, mais elle n'est plus visible de l'extérieur. 19 novembre : Un incendie détruit l'immeuble du sieur Tamisier voisin de l'école des filles et y provoque des dommages. L'expertise évalue le montant des dommages à 217,75F plus 22F pour le mobilier scolaire. 1895 Feuille volante dans le cahier des années 1892- 1899 : « Doit la commune de Teyjat à Pierre Valeix, pour fournitures faites au sieur Lalande Jean pendant sa maladie et pour ses funérailles : 40 fagots à 0,15F l'un 1 stère bûches de chêne 7,50F 5 kg de pain à 0,22F le kg 2 l de vin à 0,50F ½ kg de viande à 1,50F le kg ½ kg de sucre à 1,10F le kg … et la dernière fourniture : 4 mètres carrés de planches de châtaignier pour faire un cercueil à 1,50F le m carré » Ce relevé détaillé de fournitures donne le prix des denrées de consommation courante à cette époque, y compris les planches à faire les cercueils !
1893 Les chemins et leur entretien accaparent encore les délibérations. Le chemin qui passe par Laudonie et Beaumont est classé comme CV n°6. 1894 26 mars : Un devis demandé pour les réparations de l'église (clocher, charpente et couverture) s'élève à 2100F. Le conseil sollicite de la commission départementale « la subvention la plus élevée possible ». Le 8 avril suivant, le conseil pense pouvoir financer les réparations par un emprunt de 1500F et une subvention de 600F. 23 septembre : Le curé de Teyjat, Mounier, reprenant une vieille idée de 1873 qui n'avait pas abouti, demande à remplacer les réparations à faire à l'église, réparations votées par le conseil, par la construction d'un clocher neuf. Le curé présente une liste de souscripteurs pour un montant total de 270F. Le conseil « Considérant que la somme souscrite jointe à la subvention de l'état et aux ressources dont pourrait disposer la commune ne pourrait suffire pour faire établir un clocher de bonnes conditions à tous les points de vue ; Emet à l'unanimité l'avis que le clocher reste dans l'état actuel… » Exit donc le clocher … pas pour longtemps. Le 25 novembre, le curé Mounier revient à la charge. Il prétend qu'on peut construire un clocher pour la somme de 6000F, y compris les imprévus, M Lagrange, architecte départemental, lui ayant assuré que la construction était possible pour cette somme. D'ailleurs, M le curé prend l'engagement, au cas où les plans et devis dépasseraient la somme de 6000F à payer personnellement toutes les dépenses faites pour l'établissement des plans et devis. On trouve effectivement une attestation signée du curé Mounier, mais pas exactement dans les mêmes termes :
Le conseil en 1888
11 juin : pour appuyer le budget prévisionnel de 1900, le maire fait un exposé de la situation financière de la commune, sans oublier de mettre en cause la gestion de la municipalité précédente : « Nous avions cependant beaucoup à faire car nos édifices communaux étaient dans un état précaire, les murs de soutènement des jardins et du cimetière tombaient en ruines, l'église, le presbytère et ses dépendances avaient besoin d'être réparés, nos chemins étaient mal entretenus. » Bien que des emprunts arrivent à échéance, le conseil prévoit de maintenir le taux d'imposition pour « liquider complètement la situation précaire que nous avions trouvée à notre arrivée aux affaires municipales et donner de la marge à nos budgets futurs. » Le maire justifie 100F d'aide aux pauvres (on a à nourrir une famille pauvre pendant tout l'hiver) et 50F pour le mobilier scolaire (les écoles ne possèdent aucune méthode de lecture ni aucune carte). A la même séance, le conseil se dit très satisfait de la nouvelle tournée du facteur mais demande encore une seconde levée de courrier au bourg, ce que le facteur Pierre Plazer accepterait de faire sans supplément de traitement. A cette occasion, nous sommes renseignés sur l'itinéraire du facteur : « … après avoir desservi le chef-lieu puis une partie de la commune, et en dernier lieu la Borie, les Penauds, les Planes et chez Bouère, il vient desservir chez Gailler se trouvant au nord-est du chef-lieu et le Forestier au sud-ouest, le facteur se trouve obligé de repasser par le bourg… » Le facteur venait évidemment de Javerlhac et repartait à Javerlhac après sa tournée, tout cela à pied, tous les jours de la semaine et par tous les temps, chargé du courrier à distribuer et du courrier relevé ! A la même séance, pour appuyer le budget prévisionnel de 1900, le maire fait un exposé de la situation financière de la commune, sans oublier de mettre en cause la gestion de la municipalité précédente : « Nous avions cependant beaucoup à faire car nos édifices communaux étaient dans un état précaire, les murs de soutènement des jardins et du cimetière tombaient en ruines, l'église, le presbytère et ses dépendances avaient besoin d'être réparés, nos chemins étaient mal entretenus. » Bien que des emprunts arrivent à échéance, le conseil prévoit de maintenir le taux d'imposition pour « liquider complètement la situation précaire que nous avions trouvée à notre arrivée aux affaires municipales et donner de la marge à nos budgets futurs. » Le maire justifie 100F d'aide aux pauvres (on a à nourrir une famille pauvre pendant tout l'hiver) et 50F pour le mobilier scolaire (les écoles ne possèdent aucune méthode de lecture ni aucune carte).
1881 23 janvier : élection du maire Sur 12 votants, M Donzeau Pierre Adrien est élu maire avec 11 voix contre 1 à M Chalard Pierre. M Chalard est élu adjoint avec 11 voix contre 1 à M Bernard Etienne. 14 juillet : Une souscription publique pour la célébration de la fête nationale permet d'acheter un drapeau, 20 lanternes vénitiennes et une livre de bougies ! 30 octobre : L'instituteur M Lachand (ou Lachaud) et l'institutrice demandent à ce que la classe commence à 9h au lieu de 8h, 8h étant une heure trop matinale en hiver pour les élèves habitant loin du bourg. 1882 29 mai : Un orage a provoqué de gros dégâts dans la commune. Le pont qui franchit la Marcorive sur le CV n°1 a été endommagé. Il a été interdit à la circulation et la traversée se fait à gué. (Le CV n°1 est celui qui relie Teyjat à Javerlhac par Caillaud et la maurandie ; il s'agit donc du pont situé en contrebas de Caillaud). Un grand nombre de chemins ruraux ont été détruits et des propriétés particulières endommagées. Dans sa séance du 15 juin, le conseil sollicite l'aide de l'état et du département. 13 août : Délibération sur le tracé du CV n°4 entre Teyjat et le Bourdeix. Le conseil donne son approbation au tracé primitif par rapport au nouveau tracé qui emprunte une partie de la rampe très vive du CV n°2 et « présente un danger sérieux pour les charrettes ». 20 août : Le conseil approuve le projet de reconstruction du pont de la Marcorive sur le CV n°1. A la même séance du 20 août, on relève une allusion à la crise du phylloxera à propos d'une demande de M Parrot, propriétaire et marchand de vin en gros à Vaubrunet, d'un bureau de régie à Teyjat: « Considérant que le sol de la commune de Teyjat est essentiellement propre à la culture de la vigne et que, bien que la maladie y ait détruit une grande quantité de vignobles, il y en a encore un bon nombre en rapport ; Considérant que la maison de commerce de M Perrot prend une extension de plus en plus considérable et qu'une recette établie à Teyjat faciliterait beaucoup son commerce attendu qu'il est à une distance de cinq ou six kilomètres du bureau de régie de Javerlhac ; Approuve la pétition et demande qu'un bureau de régie soit créé à Teyjat. » 1884 Dans ces années 1884 – 1890, l'entretien des chemins, les nouveaux tracés et le reclassement de chemins existants occupent la plus grande partie de délibérations et mobilisent la plus grande partie des ressources de la commune. 10 février : La commune avait l'habitude de secourir des indigents âgé et infirmes , notamment en payant leur loyer. Par suite de manque de ressources ces dernières années, les loyers impayés se sont accumulés jusqu'à 97 F. Il faut croire que les loyers en question n'étaient pas très élevés. Le conseil vote le paiement de cette somme sur le budget de 1884 qui présente pour une fois, un excédent. 6 mars : Le conseil demande l'accélération de la construction du chemin de fer de Nontron à Thiviers, Nontron étant la seule sous préfecture de Dordogne qui ne soit pas reliée à Périgueux. Le conseil argumente aussi que la mise en service de la voie Angoulême-Nontron favorise Angoulême au détriment de Périgueux.
17 février : Toujours à propos du clocher, le conseil préfère M Charles, agent voyer cantonal avec qui la commune a coutume de travailler, comme architecte. M Charles soumet donc son projet au conseil et assure qu'il est réalisable pour 8000F, réparations de la toiture comprises. Moyennant une subvention de 2500F, un emprunt de 3400F sur 25 ans à la caisse des dépôts et consignations, et une souscription de 3000F, le conseil pense pouvoir réunir les 8000F. On trouve aux archives départementales (12 O 637) la liste des donateurs de cette souscription. Mis à part le curé Mounier qui offre la plus grosse contribution (500F) et M Georges Pabot du Chatelard pour 200F, les souscripteurs les plus importants n'appartiennent pas à la commune. M le curé a dû faire jouer ses relations, on relève notamment : M Georges Fort, de Cognac pour 200F M André Lafforêt, de Nontron pour 200F Mme veuve Larrelu, de Nontron pour 200F M Frédéric Mounier (un parent du curé ?) de Cognac pour 120F 31 mars : Le devis du clocher se monte maintenant à 9500F. Qu'à cela ne tienne, il suffira de solliciter une subvention de 4000F au lieu de 2500F ! 18 août : mise en place d'un service d'assistance médicale gratuite financé à 70% par le département. 1er octobre : M Charles, l'architecte du clocher, a réalisé les plans et aimerait bien être payé. Il présente un mémoire de 320F. 1896 Janvier : M Lagrelière, maire d'Etouars, annonce son intention de poursuivre la commune de Teyjat pour obtenir le remboursement de 10F représentant la dépense pour un permis de chasse qu'il aurait injustement payé. 27 mai : Election du maire et de l'adjoint et changement de majorité. Le maire sortant Donzeau Adrien n'obtient que 4 voix ; il est donc battu par M Valeix Pierre qui est élu avec 7 voix. M Robert Louis Auguste est élu adjoint avec 9 voix contre 2 à M Michel Emile. M Georges du Chatelard se retire en annonçant qu'il donne sa démission mais sans déposer de formule écrite. Ni lui, ni M Donzeau n'assisteront aux réunions suivantes. Ils seront considérés d'office l'année suivante comme démissionnaires. Est-ce l'affaire du clocher qui a eu raison de l'unanimité municipale ? Toujours est-il que le projet de clocher restera en suspend jusqu'en 1902.
Parmi les délibérations toujours à l'ordre du jour sur les chemins (CV3 de Teyjat à Varaignes, CV4 de Teyjat au Bourdeix, classement du CV5 de Bussière à Teyjat et Javerlhac…), on relève l'anecdote suivante : « Mme l'institutrice a demandé la jouissance de tout le jardin de la fontaine dont elle n'a actuellement que la moitié environ, M l'instituteur ayant la jouissance de l'autre moitié. Le conseil après avoir mûrement délibéré a pris à l'unanimité moins un bulletin blanc (au scrutin secret) la délibération suivante : Considérant que Mme l'institutrice a un autre jardin derrière la maison d'école des filles, que les deux jardins dont elle jouit sont de bonne qualité et très bien exposés ; Considérant que M l'instituteur a un jardin derrière la maison d'école des garçons de qualité médiocre, exposé au nord, ce qui ne lui permet pas de cultiver fructueusement des primeurs ni de réussir les semis, que la bonne venue des plantes potagères est contrariée par l'ombre produite par une quantité d'arbres fruitiers qui s'y trouvent ; Considérant que l'instituteur plus que l'institutrice doit enseigner l'agriculture et l'horticulture et y exercer ses élèves, un vaste jardin est donc plus nécessaire à l'un qu'à l'autre ; Est d'avis que la jouissance des jardins ne soit pas changée. » Toujours au chapitre de l'école, l'instituteur Jardel écrit au conseil le 11 novembre : « Pour que l'enseignement géographique donne les résultats désirables, il est nécessaire d'avoir à sa disposition les cartes murales d'Europe, de France et la mappemonde (pour le moins) dont l'école de garçons est actuellement dépourvue. » 1889 Le sieur Gesson François, colon, demande à ce que son fils Gesson François soit laissé dans ses foyers au titre de soutien de famille. « Le conseil, considérant que le sieur Gesson François père souffre fréquemment de douleurs aux jambes résultant des fatigues et des fraîcheurs (sic) qu'il a éprouvées pendant la guerre d'Italie (1859) et que sa plus jeune fille est sujette à de fréquentes attaques d'épilepsie, ce qui ne lui permet que peu de travail et la rend une charge pour sa famille dont la position est réellement digne d'intérêt ; Est d'avis que le sieur Gesson François soit laissé dans ses foyers… » 1890 16 septembre : Le sieur Jacques Fauconnet, colon à Braugnac et propriétaire aux Planes, fait construire une grange sans autorisation d'alignement sur le chemin rural qui dessert le village des Planes. Sur une plainte de plusieurs voisins propriétaires, le conseil décide de se rendre sur les lieux. « Là étant et en présence dudit Fauconnet, l'empiètement a été parfaitement reconnu par tous. Ledit Fauconnet ayant argué de son ignorance a déclaré se conformer à telle décision que le conseil municipal prononcerait, même s'il lui était enjoint de démolir le mur élevé sur la voie publique. » Eu égard à sa bonne volonté, le conseil l'autorise à achever sa construction, à charge de faire sur son terrain et à ses frais un chemin de 4,30 m de large le long de sa grange. 1891 5 avril : Le conseil délibère à propos du recensement (on dit alors dénombrement de la population) : « Considérant que le dénombrement de la population est un travail sérieux, minutieux et d'autant plus pénible que les agents recenseurs seront certainement obligés de remplir la plupart des bulletins individuels et des feuilles de ménage et qu'il est de toute nécessité qu'il soit dirigé par un homme de confiance intelligent possèdant des aptitudes spéciales ; Désigne M Lachaud, instituteur en retraite pour diriger le travail… » 18 mai : « M Théodore Pabot du Chatelard, décédé à Aix (Bouches du Rhône) le 17 janvier dernier a, par un testament en date du 25 octobre 1880, institué en faveur des pauvres de la commune de Teyjat un legs de la somme de 1000F. (note 16) Les héritiers du testateur ayant gracieusement acquitté tous les frais résultant de ce legs qui incombaient à la commune, il (le président) engage l'assemblée à accepter ce legs. Le conseil – ouï l'exposé de M le président envoie un souvenir de profonde gratitude à l'excellente famille Pabot-Chatelard dont la charité éclairée s'est souvent manifestée dans la commune ; vu les pièces formant le dossier ; Sollicite de l'autorité supérieure l'autorisation d'accepter le legs ci-dessus relaté. » « Dans la même séance du 18 mai 1891, M le président a exposé à l'assemblée qu'il pensait que la somme de 1000F léguée aux pauvres de la commune de Teyjat par le regretté M Théodore Pabot-Chatelard ne pouvait être employée de façon plus profitable qu'à la création d'un bureau de bienfaisance dans la commune. La destination de ce legs étant laissée à la convenance de l'exécuteur testamentaire M Bourdeau (note 17) , il s'est mis en rapport avec lui ; et celui-ci par une lettre en date du 28 mars dernier donne son assentiment à cet emploi moyennant que le conseil vote les fonds nécessaires pour compléter la rente exigée de 50F. Le conseil – ouï l'exposé de M le président ; Considérant que l'établissement d'un bureau de bienfaisance à Teyjat serait très profitable aux pauvres de la commune d'autant plus que la caisse de ce bureau pourra être alimentée par des subventions de l'état et de la commune ainsi que par les dons des personnes charitables ; Sollicite la création d'un bureau de bienfaisance à Teyjat et est d'avis que la somme de 1000F léguée aux pauvres de la commune par feu M Théodore Pabot-Chatelard soit employée, concurremment avec une somme à déterminer à l'acquisition d'un titre de rente de 50F 3% sur l'état. » A la même séance, le conseil n'ayant pas de fonds disponibles, vote un emprunt de 700F à employer concurremment avec le legs de 1000F. 15 mai : Election du maire et de l'adjoint à la suite des opérations du 1er mai. M Donzeau Pierre Adrien est réélu maire à l'unanimité des 12 voix. M Chalard est réélu adjoint avec 7 voix contre 3 à M Valeix et 2 à M Lachaud. Cependant, il y a contestation de la part du préfet Fournier le 22 juillet suivant : « … Attendu que le sieur Bernard Etienne, conseiller municipal de la commune de Teyjat, postérieurement à sa nomination en ladite qualité a épousé la mère du sieur Lagrange Jean-François, également conseiller municipal de la même commune ; Que dès lors ces douze conseillers se trouvent dans le cas d'incompatibilité prévu par la loi ; Attendu qu'il résulte du procès verbal des élections municipales de la commune de Teyjat que le sieur Bernard Etienne a été élu par 115 suffrages et le sieur Lagrange Jean-François par 92 seulement ; … Arrête : Le sieur Lagrange Jean-François est déclaré démissionnaire des fonctions de conseiller municipal… » 22 novembre : Le bureau de bienfaisance bénéficie, en plus du legs de 1000F, d'une subvention de 446F de la préfecture et d'un crédit de 250F de la commune.
note 15: Catastrophe du 25 octobre 1885 : Le plafond de la carrière de pierre s'effondre brutalement ensevelissant plusieurs personnes et détruisant le hameau d'Empeyraud. note 16: Il s'agit de Antoine Théodore Pabot du Chatelard, directeur des douanes note 17: Il s'agit d'Alpinien Bourdeau, demi-frère du donateur
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