tête de faon ou jeune biche
détail du phoque
renne en position couchée
pointe de Teyjat
La grotte de la mairie et l'espace muséographique
Le relevé des gravures pariétales, réalisé par l'abbé Breuil puis actualisé par N. Aujoulat, permet de recenser 48 figures. Pour les protéger, un mur et une porte sont édifiés, aménageant ainsi un sas d'entrée, et une couverture synthétique draine les eaux d'infiltration entre la voûte et les gravures. Enfin, un caillebotis métallique, posé sur le sol, permet la progression des visiteurs à l'intérieur de la cavité.  
L'art pariétal de la grotte, presque exclusivement animalier, est formé de sept panneaux localisés sur de grandes dalles de calcite posées dans le sol ou étagés sur la coulée stalagmitique de l'entrée de la cavité.
La faune représentée est dominée par les cervidés parmi lesquels on compte 10 rennes. Viennent ensuite les équidés au nombre de 10. La grotte de La Mairie abrite également 2 figures d'ours. Toutes ces représentations d'animaux, liés à un environnement froid et de steppe, cohabitent avec un bestiaire de milieu plus tempéré, de forêts denses et de paysages plus clos, comme les cerfs ou les aurochs 6 fois représentés.
Relevés de N. Aujoulat
- des objets importés dans la région : outils en silex de Bergerac et des Charentes, des éléments de parure tels   qu'une pendeloque sur spongiaire fossilisé, une pierre volcanique perforée, une tête de cheval sculptée en ronde-bosse sur lignite…
- des outils en silex caractéristiques de la fin du Magdalénien : des lames, des grattoirs, des burins  « bec-de-perroquet », des perçoirs, des lamelles, la fameuse pointe de Teyjat de forme très particulière…
- des objets domestiques : aiguille à chas en os, ciseaux, poinçons, deux baguettes avec des représentations de face en bois de cervidé, un cubitus d'aigle gravé d'un troupeau de rennes très stylisé, des pointes de sagaie en ivoire et en bois de renne…
- des armes de pêche : des harpons, des foënes aziliens et la fameuse baguette de bois de cervidé, gravée d'un phoque qui fait l'objet d'un petit diaporama
En marge des circuits touristiques classiques, la grotte de la Mairie à Teyjat revêt une importance capitale pour l'art quaternaire : c'est, en France, l'un des très rares sites ornés de l'extrême fin de la dernière période glaciaire ( glaciation de Würm ) il y a 10 000 ans, le seul daté de cette époque qui soit encore ouvert au public.  
A 200 m à l'est, se trouve l'abri Mège qui a livré des objets d'art préhistoriques exceptionnels (phoque, « diablotins », têtes de cerfs vues de face…).
La grotte, longue d'une centaine de mètres, est formée de deux galeries divergentes. La roche calcaire qui constitue les parois ne se prête guère à la figuration. Ceci explique la concentration des gravures à proximité de l'entrée de la cavité sur des coulées stalagmitiques. A cet endroit, en effet, la calcite facile à travailler a permis l'exécution des œuvres pariétales.
Teyjat est une grotte très particulière. Non seulement par le fait qu'elle représente la phase ultime de l'art pariétal paléolithique mais aussi parce que l'on sent ici une apogée de cet art : précision des traits sans presque aucun repentir, finesse et miniature des gravures, justesse exquise des attitudes délivrées par les représentations d'animaux exclusivement. Un milieu extrêmement fragile menaçant de s'écrouler à chaque instant (les blocs gravés sont sur des talus d'argile très friables) et mettant en péril les œuvres remarquables de ces derniers chasseurs-cueilleurs nomades de la fin de l'ère glaciaire.
Dès 1889, on fit les premières recherches dans cette petite cavité connue de tous, mais il faut attendre 1903 pour que les premières gravures soient découvertes par Pierre Bourrinet, instituteur à Teyjat qui a donné son nom à l'espace muséographique et Denis Peyrony.
La grotte est classée monument historique en 1910. Les fouilles se poursuivent jusqu'en 1929 et révèlent un outillage lithique et osseux important. Le mobilier est surtout composé de burins, de grattoirs, de lames, de pointes pédonculées et de harpons à barbelures. Toutes ces découvertes témoignent de la présence de l'homme à l'extrême fin du Paléolithique supérieur à une période que l'on nomme le Madgalénien final.
- l'énigmatique bâton percé de l'abri Mège dit « bâton de Teyjat » : un andouiller de bois de cerf, légèrement incurvé telle une corne et percé à 2 endroits. Nous y découvrons de délicates gravures : une tête de biche, 3 serpents (ou anguilles) accolés, un grand cheval et un petit qui est incomplet, 3 grands oiseaux aux cous allongés (cygnes ou oies) ainsi que 3 « diablotins » munis d'une tête avec de longues oreilles pointues, un corps hérissé de poils et des jambes humaines. S'agit-il de « Ratapas », sortes de génies fécondateurs associés au mystère de la conception dans certaines tribus du Centre de l'Australie comme le pense Salomon Reinack ? Quelle était la fonction de ce bâton ? Un sceptre, un bâton de commandement ou tout simplement un redresseur de sagaies ?
- un crâne trépané dont on sait que le sujet a survécu quelques semaines voire quelques mois à cette opération pratiquée grâce à la technique du sciage et du grattage au couteau de silex, car un bourrelet s'est formé autour du trou. Rituel ou intervention chirurgicale ? Le mystère reste entier…  
- des vestiges du Néolithique et de la Protohistoire : fibules, haches en bronze…
Le bâton de Teyjat (série de cartes postales anciennes)
Relevé topographique de la grotte (Norbert Aujoulat, l'art des cavernes)                                                Grotte de la mairie :La porte d'entrée en construction en 1913
Hache néolithique polie trouvée aux environs de Teyjat (collection particulière)
Avec beaucoup de réalisme, toutes ces figures traduisent vraisemblablement la succession de deux phases d'occupation et de gravure proches dans le temps mais non contemporaines.
L'espace muséographique Pierre Bourrinet
L'initiative conjointe des collectivités et du Centre des Monuments Nationaux a abouti à la création de l'espace muséographique Pierre Bourrinet. Ce lieu permet de rendre compte de l'ensemble des découvertes des sites préhistoriques de Teyjat, inscrits dans le contexte géographique du nord du bassin aquitain, point de rencontre entre les massifs sédimentaires et les terrains granitiques.  
La salle d'exposition propose une description du paysage, de l'environnement et de la faune qui peuplait la région lorsque la grotte fut décorée.
On peut y voir notamment :
Sources: J'ai fait quelques copier-coller à partir des excellents commentaires de Patricia Milan http://www.prehistoirepassion.com/grotte%20teyjat.htm
cartes postales de Jean Nantiéras.
"vache poursuivie par un boeuf"
(carte postale ancienne)
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Les travaux récents de Patrick Paillet (2011-2016) et les recherches effectuées à l'occasion de la rédaction du livre de J-M Warembourg "Pierre Bourrinet et l'histoire des découvertes archéologiques à Teyjat" (juin 2017) ont grandement complété nos connaissances sur cette grotte et l'histoire de la découverte des gravures. Cet article fera ultérieurement l'objet d'une refonte complète.